Chroniques d'Aïsthèsis
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Chroniques d'Aïsthèsis

« L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable. » Milan Kundera
 
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 Liam Anaîkh'

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Liam Anaikh'
Poète aristocrate
Liam Anaikh'

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MessageSujet: Liam Anaîkh'   Liam Anaîkh' Icon_minitimeMer 26 Aoû - 22:58

Etat civil

Nom : Anaïkh’, la fatalité, le destin, en grecque
Prénom : Liam
Âge : 21 ans
Situation familiale : Célibataire, Liam possède une famille prestigieuse et renomée, certes, mais avec laquelle il ne veut aucun contact, ni même un parole ; Blasphème que cela ! Sa petite sœur, pourtant, Rose Anaikh’, l’emmène souvent, cependant dans d’ample vague de mélancolie.
Statut professionnel : Poète aristocrate vivant de sa plume.

Description

Caractère : Il n’y a rien qui soit plus étrange dans le monde que la personnalité d’un individu. Elle est à la fois changeante, versatile et profondément ancrée en lui. Elle est à la fois ce qu’il est, ce qu’il deviendra peut-être, un jour, après de longues vicissitudes de par l’existence, et ce que la société mise en place lui a savamment imprimé dans la tête par un apprentissage inconscient et naturel de l’esprit. N’avez-vous jamais remarqué combien il est fascinant d’observer la réaction d’autrui face à une situation inhabituelle pour lui ? Certes, ce n’est pas son être en soi qui perçoit la différence mais sa mémoire, par l’intermédiaire de sa raison et de ses sens, mais cependant, cela ne change rien au fait ; La personne en question sera tantôt étonnée, tantôt furieuse, ou parfois tout prise simplement d’un inextinguible fou rire ou d’une joie à la fois débordante et innocente. L’inconnu peut aussi susciter la peur, la terrible angoisse que l’ont peut assimiler à l’angoisse métaphysique tant connu, tant rabachée, et enfin tant déformée par l’acharnement qu’on y met à la mettre à toutes les sauces possible et imaginable. Plus encore ; une personnalité est aussi le reflet d’une âme. D’une âme modelée par ses expériences, dites empiriques, ainsi que par son apprentissage inhérent au monde qui l’entoure directement, certes, mais aussi par ce qu’elle est par essence, c'est-à-dire indubitablement et à priori ce qu’elle est, en elle-même, nonobstant les facteurs extérieurs qui la peuvent transformer sans jamais en modifier le fond. On pourrait ainsi se divertir toute une vie à tenter de classifier les réaction d’un cobaye par rapport à telle ou telle ‘substance d’inhabitualité’ sans jamais parvenir à délimiter le début, ni la fin de la classification. Tout simplement parce que l’âme humaine est au-delà de toute science, qu’elle ne se décompose pas, ne se dissèque pas ; c’est une chose sacrée, une essence à la fois divine, magique et superbe. Elle est, en soi, par soi, qu’on le désire ou non. C’est la plus grande des beautés humaines, ce qui fait ce qu’elle est, sa grandeur et sa faiblesse ; elle est l’obscur souffle de vie qui donne l’amour, la haine, le sentiment, l’empathie et toutes ces choses qui le différencient d’une machine. Oui, l’âme est une poésie qui n’a de limite que l’infinité et qui participe au dialecte des étoiles entre elles, et des astres avec les vents marins. Et chacune possède en elle ce qui la différencie des autres, tout en étant à la fois, de par sa nature, une des leur. Certaines sont sujettes à la timidité, d’autre à l’emphase, au romantisme le plus effréné qui soit, à la dépression, à l’iniquité, à la faiblesse et tant d’autres sibyllins traits de caractère qui évoque bien des choses sans qu’on puisse vraiment les définir précisément.
Liam, quant à lui, est de ces êtres étrange dont la personnalité est aussi versatile que froide et cynique. Doué d’une raison hors du commun, le jeune homme porte sur le monde un regard désabusé, sombre et souvent d’une incompréhensibilité rageante. Oui, Liam est une créature qui dérange, un homme dont l’esprit critique et joueur s’amuse de tout, mais d’une façon hors de la norme. Pour lui, d’ailleurs, la normalité n’existe pas. Ce n’est qu’un conte, qu’une fable, qu’une affabulation grotesque et absurde qui est le fruit d’un conformisme aberrant et tyrannique. Mais là n’est pas la problématique. L’enveloppe d’un individu n’est pas ce qu’il est. Liam paraît cynique, certes, tout autant que froid et distant, ainsi que doté d’adjectifs tel que associable ou cyclothymique, mais qu’en est-il vraiment ? C’est là que se trouve la question, C’est là qu’est la clé de la personnalité de Liam. C’est là qu’est sa bonté, son intégrité, son empathie et le chant de son âme. Et la résolution se trouve dans un passé lointain qu’on ne devine pas, profondément enfoui sous d’immenses catacombes fumantes et qui pleurent le sang de leur souffrance, mussé dans un cœur qui pulse la douleur comme on pulse la vie.
Derrière l’instabilité caractérielle d’un homme, derrière sa froideur glaçante, derrière sa versatilité se cache quelqu’un. Quelqu’un qui sait pleurer, sans fierté, avec honte et remord. Qui sait souffrir en sanglotant amèrement ; qui connaît la grandeur des afflictions humaines et qui cherchent à tout prix à s’en prémunir. Liam est avant tout quelqu’un de bon et de sensible. Ne se réclame-t-il pas poète, ce doux enfant blessé ? Et ses textes à la fois révolté et révolutionnaire, fruit d’un surréalisme flagrant et incontestable, portent en eux l’éclat d’un chant mélancolique dédié à la vie et à l’hume existence que l’on mène chaque jour, rois ou princes, gueux ou mendiants. Rien n’est plus grand que la vie, que l’amour des choses simples ou grandes. Rien n’est plus beau qu’une mélodie dont l’ubiquité des notes danse un ballet aérien dans un ciel d’étoiles bleutées. Le rêve un soupçon d’infini dans les airs, une mélancolie qui n’est pas sur la terre. C’est une féerie, mais une féerie intime. C’est une chose secrète qui se murmure dans le cœur ou sur une vaste plage déserte avec ceux dont sont cœur sont épris de confiance, d’amitié, ou d’amour. C’est à la fois un songe, une réalité éthérée et suréelle, une douce musique qui tombe sur les âmes ; Et c’est ainsi que l’expression humaine pourrait au mieux définir la pensée de Liam. Mais à vrai dire, une pensée est bien vaste qu’une simple définition. Elle s’étend non seulement dans le domaine du conscient, c’est on ne peut plus, mais également dans celui de l’inconscient. Mais elle s’étend aussi dans le domaine de l’indéfinissable. Dans ce qui n’est ni conscient, ni inconscient, mais dans ce qu’elle est. L’être n’est pas définissable. On pourrait dire que c’est un être doté d’organes et doté d’une conscience, il est vrai mais … Qu’est-ce qu’une conscience ? Et ainsi de suite, sans fin. Il n’y a qu’une réponse. On existe parce que la vie est là, belle est superbe quand on sait la saisir. Parce que la vie, c’est petit, insignifiant, mais ça n’a pas de prix. Et chacun, qui que ce soit, à le droit d’y goûter.
Ainsi, le jeune homme, sous sa carapace hautaine et cynique de froideur et de dédain, possède un écrin de douceur et de bonté qu’il ne sait exprimer. Le flot de ses émotions bouillonnent en lui ; Crescendo ! Crescendo ! Son esprit est ardent, son cœur révolté ; son être tout entier rebellé et pourtant, rien ne s’exprime de son masque impassible toujours souriant, aimable et sans humanité. Enfermé, distant, et au fond, on ne peut plus rêveur, Liam tourne dans son esprit, retourne sans cesse les douleurs du monde, la mélancolie qui l’habite et qui semble inhérente à son être ; il n’a de cesse de transcender le réel en songe, en surréel, en ce qui paraît beau et sublime, en ce qui est et sera demain dans un avenir qui se réclame déjà d’un bleu pâle inquiétant de bonheur.
Le désir de Liam d’utopie, d’idéal, se traduit dans son goût à la fois fantasque, irréaliste tout en étant gracieux particulièrement axé sur l’onirique. Le jeune homme aime les courbes, les formes éthérés, les spirales enroulés en d’innombrables bras, les paysages brumeux et toutes ses courbes gracieuses et sensuelle d’un vallon ou du cou d’une femme languissamment allongée dans un couffin nacré de velours. Liam aime le beau, aime le sublime, le transcendant. Liam admire le passé, s’ancre dans celui-ci, mais se tourne vers l’avenir. Il se veut à la fois révolutionnaire et conservateur. Il veut fonder les bases d’une pensée moderne sur un passé aux vertus éclatantes. Aller sur la terre pour mieux voler au ciel, comme il aime tant à le répéter. Le poète est un ange qui a déchu des cieux et qui montre aux mortels la pureté des Dieux. Et cette pureté se trouve en chaque homme, en chaque être humain, quelqu’il soit. Même un meurtrier est un homme ; libertin ou maroufle, un homme reste un homme : n’a-t-il jamais au fond verser une larme ? Liam en est persuadé, dans sa prison austère de glace éternelle que nul n’a jamais su briser. Ainsi est la dualité d’un homme à la fois poète, enfant, rêveur et idéaliste.

Physique :

La beauté d’un homme ne se réduit pas qu’à la perfection de ses traits, si sublimes soient-il. Non, la beauté est dans l’élégance naturelle du geste, du maintien, du regard ; elle se trouve à la fois dans le rire, dans l’allure et dans la résonance que l’âme a dans toute la personne concernée. Rien n’est plus merveilleux qu’un regard étrange et sibyllin qui accroche la lumière et reflète en des flaques ombragées et liquide une force de caractère mêlée à une bonté et une égalité de caractère absolument charmante. Rien n’est plus délicat qu’un délicieux mouvement de tête ondulant et sensuel chargée d’une élégance extraordinaire élégance et accompagné d’un regard d’une félinité absolue. La platitude d’un beau visage n’est qu’une chose répugnante. Pour qu’esthétique il y’est, il faut qu’esprit il y’est. C’est à ce prit seulement que la sensualité se découvrira en même temps que l’âme et le cœur.
Liam le sait ; Et il le sait d’autant plus que sa physionomie entière est d’une beauté extraordinaire, et cependant ponctué de sinueux de ces défauts qui font tout le charme d’un individu. Le défaut se révèle être une vertu lorsque celui-ci démontre une humanité sans pareil sous un cadavre fumant de glace. Est-ce d’ailleurs encore un vice ? Mais là n’est pas la question. Métaphysiquement, ce n’est pas une question, d’ailleurs. C’est un dilemme. Mais baste.
Liam est de ces êtres à la stature élancée et svelte qui se remarque au premier coup d’œil. Mais il y’a bien plus. Il se dégage de lui une aura intimidante et glaçante de distance ; Liam impose autour de lui un certains respect mêlé à un malaise compréhensible. Non que le jeune homme soit particulièrement imposant ; non qu’il possède ce sublime transcendantal qui intime à chacun la crainte et le respect immédiat. Non. Liam dégage simplement une telle mélancolie, une telle souffrance dédaigneuse et teintée d’une fierté opiniâtre et grandiose que nul ne peut ne pas y prêter attention. A travers la grâce élégante de chacun de ses mouvements exécutés avec un soin et une circonspection inhabituelle, se cache une volonté féroce de musser derrière les apparences une faiblesse émotionnelle extraordinaire. Mais ce qui marque, plus que sa haute taille, plus que sa tenue soigneuse et particulièrement distinguée, ce sont ses yeux. Perle d’or dans un ciel opalin qu’obscurcit de rares nuages noirs aux reflets grisâtres et qui hébergent tout un monde de sons et de couleurs, d’idéaux et d’utopies ; Terre désertes de cendres fumantes et irréfragable ment inoubliable ; éclat d’un pays, d’une terre, d’un empire aux tentures vives et inconnus ; monde de douceur et de tendresse que le monde à enfermé dans une cangue éclatante de noirceur cynique et désarmante ; prison désespérée d’un homme qui souffre et émotion immense d’or, d’ambre et de musc ; voile infini du rêve, tissu fantasmagorique de mensonges devenus réalités ; songeuse révélation de l’âme qui chante en sanglotant et qui s’offre à ceux qui veulent transpercer la barrière railleuse de ses pupilles ; ainsi est le regard du poète, à la fois indolent et cynique, et emplie d’une éternelle moquerie envers la réalité et ses douleurs. Ancré dans un visage pâle, presque translucide, le regard de Liam est encadré d’une chevelure sombre qui s’écoule sinueusement autour de celui en une crinière étrange et superbement ordonnée. Il semblerait que des vagues de lumières jouent sur un océan d’ombre et d’ébène au gré d’un vent tantôt versatile et joueur, tantôt grandiose et apocalyptique. Quant à son visage, rien ne semble plus dur que cela. Non dans ses traits car la peau diaphane sous laquelle serpente des rivières bleutées qu’une pulsation abreuve d’ichor paraît si fragile que l’on doute qu’un tel être puisse faire du mal. Non, c’est dans l’immarcescible impassibilité de son visage, dans cette apparence condescendante et moqueuse qu’accompagne une voix doucereuse mais chantante que se trouve la dureté de Liam. Son œil pétille, sa langue parle, d’un ton égal et doux, mais son visage n’exprime rien. Rien que du factice. Une espèce de politesse suintante d’une servilité ostentatoire et ironique, un sorte d’hypocrisie élégamment tournée dans un magnifique ballet onirique de diatribes cachées. L’extérieur du poète n’est que du pédant, du clinquant, du faux. Ses airs sont maniérés, polis et remarquablement beau. Mais d’une beauté rigide, sévère, austère, dure. Ses traits prennent rarement les couleurs de la joie, de la haine ou de la couleur. Il semble à la fois intouchable et sombre. Du reste, le jeune homme aime se vêtir avec goût quoique avec une originalité marquée. Les bijoux les plus fantasques se verront sur lui, sans qu’il ne semble même remarquer leur présence tant il semble être étrange. Rien n’étonne lorsque cela vient de lui. Tout est pourtant à sa place, soigneusement ordonnée, et possède une signification particulière, un chant, une harmonie qu’il est peut-être le seul à entendre. Sa démarche semble celle d’un félin, ses gestes dessinent des courbes pures dans l’air, ensemble aérien parfaitement maîtrisé et d’une minutie parfaite. Trop parfaite, trop superficielle. Sans trace extérieur de défaut ; et c’est là que se trouve le vice. Son charisme est grand, son sourire charmant, mais le tout est une symphonie sans âme. C’est une clameur sans souffle, un navire sans voile, sans âme et qui sombre dans l’océan. Tout en lui reflète une prison intérieure liée à son âme, à son cœur, à sa souffrance. Si on voulait dresser un portrait ataraxique du personnage, et avec objectivité, on dirait certainement que c’est un personnage un tantinet pédant, d’une discrétion relative et d’un ténébreux parfois effrayant, doté de surcroît d’une beauté extraordinaire et d’un tact qui ne manque pas de charmer et de plaire. Est-ce ainsi qu’est Liam Anaïkh’ ? Rien n’est moins sûr ; Incipit parodia.

Pouvoirs : Don de prescience: Le futur, aussi imprévisible soit-il, est également le fruit des actions présentes. Il est ainsi possible de prévoir un geste, une action, une réaction, un danger, dans un très court laps de temps. Liam possède ce don de lire dans l'avenir. Pouvoir éreintant, certes, mais cependant très utile et qui n'est possible que pour une prédiction d'environ une dizaine de seconde dans l'avenir.

Don de l'illusion: Liam est ainsi fait qu'il peut à sa guise modifier la vision d'un individu en le regardant droit dans les yeux et en agissant directement sur sa rétine. Le monde ainsi crée est alors fantastique en otut point, mais d'une manière raisonnable: les formes, les objets, les couleurs, et les êtres doivent impérativement être déjà connu de par le monde et non pas sorti de son imagination. De plus, l'éternité n'est pas dans l'illusion. Le jeune homme ne peut en maintenir que pendant une durée d'une dizaine de minute environ.

Particularité :/


Dernière édition par Liam Anaikh' le Lun 31 Aoû - 14:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Liam Anaîkh'   Liam Anaîkh' Icon_minitimeJeu 27 Aoû - 17:51

Histoire:

Biographie :

-Qu’est-ce que tu fais ?

La voix, douce et cristalline avait résonné dans l’ample jardin fleurie qui bordait l’immense demeure Anaikh’. Liam sourit, fit un joli mouvement de tête et ne prit même pas la peine de se retourner.

-Tu ne perdras jamais cette habitude, Rose, répondit-il d’une voix calme, de vouloir me surprendre à chaque fois que je semble absorber, n’est-ce pas ?

La jeune fille rit. Elle rit d’un de ces rires joyeux et pleins d’insouciances qui carillonnent dans l’air sans se préoccuper du lieu où ils se rendent ; elle rit de joie, de gaîté, de bonheur, comme une jolie cloche sonne du haut d’une haute tour. Elle rit, simplement pour le plaisir de rire et de se sentir heureuse comme tout les jours de l’année

-Crois-tu ? fit-elle enfin, en s’agenouillant près de son frère. Avoue donc que je suis plutôt douée pour cela !

Liam se retourna et considéra la dénommée Rose avec une moue incertaine sur son charmant visage rosi par le soleil. Une fois encore, il fut surpris par la beauté de sa sœur. Elancée, elle avait de longues jambes galbée, une taille fine et une ample chevelure d’ébène semblable en tout pont à la sienne qui s‘étalait largement sur ses frêles épaules. Son visage, quant à lui, était on ne peut plus vivant, vif, et débordant d’une énergie qu’elle ne savait garder en elle. Certes, le défaut n’en était pas exempt : son nez était un peu trop petit, ses pommettes un peu hautes, ses mains peut-être un peu sales, mais ces petites touches d’imperfections embellissaient la jeune créature et l’emplissaient d’un charme certains qui savait émouvoir. Son geste était gracieux et précis, sa démarche celle d’une reine dédaigneuse et fière et tout, dans son maintien, attirait l’homme. Le jeune homme choisit enfin ses mots et lui répondit avec arrogance :

-Il est vrai que tu sais bien courir dans les bois comme une petite fée rieuse et taquine, mais tu as toujours la même manière de surprendre ! Ce n’est pas drôle

-Et alors, rétorqua Rose en s’approchant de son frère, cela t’as peut-être ennuyé un jour, dis-moi ?

-Ce n’est pas que cela m’a ennuyé mais…

-Mais quoi ?!

-Mais enfin, ma très chère sœur…

-Très chère ? Ah ! Ça y’est tu recommencez tes délires !

-Fi ! Que nenni !

-Si si, monsieur !

-Comment madame ? Me voilà devenu bien grand.

-Et bien vieux !

-Oh diantre ! Vous êtes madame, je vous rappelle, ma sœur !

Rose s’interrompit, croisa les bras sous sa poitrine et affectant un air boudeur, elle déclara en lançant un regard enjôleur à son frère :

-Et je suis vieille, alors ?

Liam ne put réprimer un bref sourire en songeant à la remarque cinglante qu’il aurait pu lancer. Mais la douceur d’une vague de bonheur n’était-elle pas plus grande que le plaisir de blesser ? D’ailleurs, il n’y avait pas le moindre plaisir là-dedans. Non, il n’ y avait qu’une déviance absurde et grotesque de l’homme ; c’était le ricanement travesti du mal qui résonnait à travers cet acte de barbarie gratuite pure. Le jeune homme secoua sa tête en signe de dénégation, faisant voleter autour de lui la rivière noire de ses cheveux.

-Mais bien sûre que non, ma petite Rose ; tu es jeune encore, et délicieusement belle. Et je crois que nombreux sont ceux qui ne demandent qu’à te cueillir, tant ton innocence et ta naïveté ajoute à tes charmes une sorte d’enfance réprimé qui ne désire qu’être prise tout en jouant avec ceux qui la poursuivent.

-Oh Liam, s’écria Rose, désormais rouge et ravie, vilain flatteur !

-Je ne crois pas t’avoir jamais menti, lui répondit doucement le jeune homme en la fixant, moqueur, de ses pupilles d’or voilés d’une mélancolie et d’un amour sororal extraordinaire.

Flattée, rose détourna la tête et ronchonna, tout en se jetant au cou de son frère :

-C’est pas juste ! Pourquoi est-ce que tu trouves toujours les mots justes pour me mener où tu veux ?

Liam se laisse enlacer et chuchota au creux de l’oreille de sa sœur :

-Peut-être parce que je te connais mieux que personne, parce que tu es mas jumelle et parce que la vérité sort de me bouche et que, le sachant, tu n’en es que plus frappée. Peut-être aussi parce ces mots que je prononce sont des mots que tu n’aurai jamais cru entendre de moi ; peut-être également parce que c’est ainsi, que cet instant est fait de beauté et d’éternité, de rêve, de mystique et de sublime et qu’il émeut chacun de son éternité magique. Alors savourons le tout deux, sans nous poser d’autres questions ; aimons la poésie, soyons la poésie, dansons avec elle, et ces émotions que tu ressens seront éternelles. Ne crois-tu pas ?

Rose ne répondit pas. Rose se perdit dans l’âme de son frère en écoutant son cœur battre, en l’écoutant pulser et répandre en ce frère qu’elle aimait tant la vie, l’existence, l’extraordinaire espoir de l’art. Ah que le ciel était bleu ! Que le vent était doux ! Ce n’était pas le borée et sa froideur hivernale, ni le notus et sa chaleur torride. Non, c’était un doux vent d’ouest qu’on pourrait nommer le zéphyr qui s’enroulait languissamment dans les chevelures et dans les cœurs pour les mêler entre eux. Ah que ces instants étaient doux… Rose soupira, et s’éloigna un tantinet de son frère, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’à leur insu, le vent avait bien entremêlé leurs belles crinières noires. Liam éclata de rire et lança malicieusement :

-Et bien, Rose, tu me gardes rien qu’à toi, à toi toute seule ?

-Et pourquoi pas, lui rétorqua celle-ci en lui tirant allègrement la langue. Et puis d’abord, que faisais-tu pour être tant absorbé ?

Le jeune homme fit un ample mouvement de tête qui le fit grimacer en lui rappelant qu’il était désormais prisonnier de sa sœur. Prenant un air de chien battu, il implora la jeune fille :

-Et si tu daignais démêler nos cheveux, tu ne crois pas que ce serait pour le mieux ?

-Pas question ! s’exclama Rose, en riant allègrement. Maintenant que tu es à moi, je ne daignerai pas te lâcher avant… Hum… vraiment longtemps ! De toute manière, ce ne sera certainement pas avant que tu ne répondes à mes questions.

-Bien, bien, mademoiselle, répondit Liam sur un ton servile et ironique. Comme mademoiselle voudra ; et qu’est-ce que mademoiselle veut savoir ? Je suis au service de mademoiselle. Comme mademoiselle le voudra bien…

-Alors j’exige des explications ! Fit tyranniquement cette dernière, en jouant merveilleusement bien la précieuse offensée. Et céans !

Liam s’inclina en veillant à ce que leur chevelure respective se tendre. Un petit cri de sa sœur le récompensa de son effort et, ne s’en occupant pas, il commença son récit :

-Et bien, mademoiselle, Je m’étais assis sur cette herbe douce et fraîche et ma foi, fort tendre. C’était comme un tapis de verdure brillant et je n’ai pu résister au plaisir de m’y arrêter un peu. Le soleil était encore assez bas et épanchait ses voiles d’or sur le feuillage délicats des arbres. Les frondaisons étaient illuminées, les toitures rutilaient lassement. J’ai regardé autour de moi en somnolant, et j’ai vu une fleur. Une fleur de bonheur ; une rose délicate qui poussait dans un coin sombre à l’abri de la pluie du soleil. Elle était petite et frêle, avec de jolis pétales blancs qui déjà se fanait. Alors je me suis approché d’elle, je lui ai souri, et je me suis occupé d’elle. Je lui ai donne un peu d’eau de la rosée du matin, un peu de terreau frais, et beaucoup de poésie. Et je crois qu’à présent elle pourra grandir et s’épanouir jusqu’à’ atteindre le fleuve de la lumière sacrée. As-tu ta réponse ?

-Et bien, oui, je crois, murmura humblement Rose, comme si elle craignait de briser les paroles de son frère qui sonnait admirablement bien à ses oreilles. Mais il n’en demeure pas moins que tu restes mon prisonnier !

Liam ne put s’empêcher de sourire en levant les yeux au ciel. Qu’il était bleu, lui aussi, si calme, si doux ! Sa munificence était grande à l’égard des mortels. Il leur apportait son sourire et sa bénédiction ainsi que sa beauté. Oui, rien n’était plus grandiose que le ciel. Changeant comme l’était l’homme, il savait se faire tendre et les embrasser de ses bras bleutés ou de doux nuages blancs flottaient aisément, tout autant qu’il savait être maussade et violent dans ses tempêtes immenses et grandes d’une apothéose terrifiante.

-A quoi penses-tu, l’interrogea Rose dans un murmure heureux.

Liam songea un instant, et déclara, soudain grave et mélancolique :

-Je pense que le monde est bien beau, Rosette, et qu’il n’appartient qu’à nous de chanter sa beauté. Je pense au ciel si vaste, si grand et si libre. Je pense à la mer qui le reflète et aux étoiles qui y dansent. Je pense à tout ce qui vit, à tout ce qui bouge, à tout ce qui murmure dans les arbres et les cités. Et je suis triste, Rose.

Les deux jeunes gens se turent, silencieux. La gène ne faisait pas partie de leurs mœurs mais l’instant n’était pas à la parole. Tout deux en étaient conscients. Pourtant, après une brève hésitation, Rose passa un bras autour des épaules de son frère et, le regardant tendrement, lui demande doucement :

-Et pourquoi, Liam, es-tu triste, si le monde est si beau ?

Le jeune homme jeta son regard au loin, semblant être perdu dans une de ces songeries dont on ne sort jamais.

Parce que, dit-il enfin, la vie est éphémère, parce que beaucoup souffrent, parce que beaucoup pleurent, et crient dans le silence et que nul ne les entend. Parce que la beauté est si grande qu’elle existe en chaque chose et que trop d’entre elles souffrent. Et enfin, Rose, parce que je vois tout ce monde que j’aime tant, et il me semble ne pas lui appartenir. Il me semble être différent, être autre. Je me promène dans la rue, et la foule m’oppresse, les gens ne me regardent pas, ne me jette pas même un regard et moi, je fais de même ; nous nous dédaignons l’un et l’autre comme des métèques haineux ; tout va dans un sens ou dans l’autre, et je me sens petit, perdu. Voilà pourquoi, ma Rosette. Voilà pourquoi je regrette mon enfance et l’insouciance qui m’emprisonnait alors. Me comprends-tu ?

Rose ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. Et ce faisant elle sentit des larmes poindre à ses yeux d’un noir pénétrant, si francs et si loyaux. Non, Rose ne comprenait pas son frère. Elle ne comprenait pas cette peine qui le rongeait, ce désir d’idéal, ce côté si mélancolique en lui. Non, elle ne comprenait pas, et elle en était terriblement affligée.

-Liam … murmura-t-elle dans un élan de tendresse.

Le jeune homme approcha sa tête de celle de sa sœur, lui sourit à travers son masque impassible de mélancolie, et, posant son doigt sur ses lèvres, il lui dit :

-Ne dis rien, Rose, je le sais. Merci, merci beaucoup, je sais que tu seras toujours là pour moi.

La jeune fille hocha la tête avec empressement et, soudain, dans un geste plein de grâce et de douceur, Liam démêla leur cheveux qui dessinèrent dans les airs comme un dernier voile d’adieu, comme un inexorable appel au secours mutuel qui est vain et se hurle, muet, dans le silence des cœurs. Le frère sourit à la sœur, et la sœur sourit aux frères. Et lorsque celui-ci s’éloigna à longues enjambées, sur les parterres fleuris du jardin, une larme roula sur les joues de Rose. Elle n’avait que trop compris ce que disait ce sourire. ‘Merci, lui susurrait-il, mais tu ne peux rien pour moi, Rose…’


Dernière édition par Liam Anaikh' le Lun 31 Aoû - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Liam Anaîkh'   Liam Anaîkh' Icon_minitimeSam 29 Aoû - 19:35

Et Liam s’éloigna lentement, à pas mesuré et égaux, tranquille et rêveur, sans même se retourner, avant de disparaître au milieu des charmilles. Rose soupira et se laissa aller sur la pelouse parfaitement entretenue. Triste, elle s’abandonna à la mélancolie des jours anciens et se rappela, sous l’ombrage de quelques arbres verdoyants, les souvenirs de sa vie de jeune fille. Dieu qu’ils étaient doux ! Et il y’en avait tant ! Une myriade d’instants heureux se mélangeaient tout à la fois dans sa tête, formant un mælstrom magnifique de sensations et d’images entrechoquées. Un joli sourire se forma sur son visage hâlé. Oui, bien des choses avaient illuminé sa vie. A commencer par son frère. Car Liam n’était pas qu’un parent directement lié à elle par le sang. Non, il était aussi son jumeau, et de quelques minutes son aîné. Oh, comme elle aimait cet être si doux et si sensible. Depuis leur naissance, ils ne s’étaient jamais quittés. Une partie de leurs âmes étaient lié, si étroitement qu’elles le seraient à jamais, inextinguiblement enchaînés l’une à l’autre par des entraves dorées. Mais Rose aimait ces liens qui la retenaient à son frère. Pour rien au monde, fut-ce sa vie, elle n’aurait renoncé à cela. Et Pourtant… Et pourtant Liam se faisait de plus en plus lointain, allant parfois jusqu’à la repousser avec tendresse. Le jeune homme était sombré, ces temps-ci, ombrageux et irritables. Ses yeux brillaient souvent d’un éclat vif et étrange qui intriguait et effrayait la jeune fille. Que ce regard semblait indéchiffrable ! Qu’il semblait étranger à la nature ouverte et franche du jeune homme ! Rose en était certaine ; son frère souffrait. Son visage reflétait un mal profond qui le rongeait et qu’il s’efforçait de masquer dans une cangue de glace et de distance. Ses gestes, emplis d’une grâce naturelles et aériennes paraissaient plus sec, plus bref, comme s’ils étaient le fruit d’un automatisme élégant et parfaitement travaillé, mais sans âme aucune. Liam se faisait insaisissable, arrogant, impertinent. Il marmonnait tout bas des diatribes enflammées contre l’autorité, contre la laideur, la vilenie, et allait parfois jusqu’à provoquer son père, pourtant d’un caractère propre à la bravade et à l’emportement. Le ton montait alors, se faisait plus pressant, plus menaçant, et enfin éclatait ; les éclats de voix fusaient avec violence, résonnaient allègrement en écho menaçant sur les murs de la demeure ; la peur se faisait soudain immense, et l’équilibre de plus en plus fragile de la famille se brisait encore, peu à peu, inexorablement emporté par la fureur maladive des deux hommes. La jeune fille frémit à ses souvenirs. Pourquoi était-ce ainsi que le monde devait tourner ? Ne pouvait-on pas tourner sans lui, se révolter, se mutiner, dire non à ses clameurs de guerre et rire en songeant à la paix ? Ne pouvait-t-on pas dire à la paix comme à la paix ? Ne pouvait-on pas … Vivre ? Vivre tout simplement, en toute plénitude, en toute simplicité, avec joie et bonheur malgré la souffrance et la mort. Oh, comme cela paraissait simple ! Et les choses n’étaient pas ainsi. Non, tout allait de mal en pis, sans vouloir s’arrêter. On aurait dit une chute sans fond, une déchéance absurde de raisons et de sens. Et pourtant, tout n’avait pas toujours été ainsi. Enfant, Rose se rappelait la vivacité et la gaieté de son frère. Le petit enfant ne cessait de s’émerveiller de toutes choses, en battant des mains et en ouvrant des grands yeux étonnés. Il ne cessait de poser des questions en jouant naïvement avec sa sœur. La famille Anaïkh’ était alors au comble du bonheur. Et en grandissant, Rose et Liam n’avaient jamais déçus les espoirs de leur parent. Tout deux avaient renforcé le lien si fort qui les unissait et avait grandit, tant en âge qu’en maturité et en savoir. Tout deux étaient devenus obéissant et sages ; tout deux avaient fait preuve de leur intelligence et de leur beauté. Et tout deux avaient ri, tant ri… Leurs sentiments respectifs s’étaient affinés au cours du temps, s’étaient emprisonnés dans une prison de douceur et de souvenirs. L’idéal semblait là, les plus beaux de leurs jours approchaient, l’utopie resplendissait. Et tout avait été détruit, balayé en un revers de main, battu par des vents de malheurs et de tristesses, par de folles bourrasques de démences et d’impossible. Liam avait commencé à devenir absent, semblant rêver, comme si le monde ne le repaissait plus et ne lui offrait plus qu’ennui à la place des douceurs d’antan. Et puis son comportement avait changé, son âme s’était faite de glace, et son esprit avait fui dans des pays qu’il était seul à contempler. Qu’y voyait-il, qu’y trouvait-il ? Elle-même ne le savait pas. Tout ce que Rose savait, c’était que son frère avait besoin de son aide, que le poids qu’il portait était trop lourd pour lui, et que, peu à peu, il s’étiolait dans les airs comme un vent frais qui descend de la montagne se meurt dans de vastes plaines désertes. Plus rien en lieu ne souriait, ne chantait, ne dansait. Liam était toujours pensif, figé dans une réflexion qui semblait le dévorer ; Rose soupira de nouveau et porta son regard sur les parterres de fleurs. Il y avait des orchidées, des roses multicolores, des jacinthes, des acacias et toute un panel extraordinaire de couleurs et de parfums délicieux qui s’en dégageaient voluptueusement. Mais par-dessus tout, la jeune fille aimait la jolie Lycoris. C’était une de ces petites fleurs fragiles et éphémères que l’automne emporte vite lorsque ses engelures naissantes les surprennent. A la fois frêle et gracile, Rose aimait ses couleurs et son teint de vermeil qui semblait, dans la lumière du soleil, comme une seconde étoile aux reflets mauves, sangs et or. Lycoris, petite fleur de l’été, petite fleur de l’oublie, petite fleur éclatante qui s’en allait trop vite. Crépuscule, ainsi que le signifiait son propre nom dans une langue ancienne dont Rose avait oublié l’origine. Un crépuscule fragile, une paix infini qui se brisait soudain. Un crépuscule rapide et brutal comme celui qui pesait sur le destin de Liam. Dans un geste plein de grâce, Rose sortit de sa torpeur pensive, se leva sans hâte et disparu elle aussi entre les charmilles, à la suite de son frère. Le soleil, au zénith, entamait son déclin, sa chute, sa déchéance ; le vent s’était mit à bruire et, sur un toit, une girouette tournait, encore, encore, et puis encore…


Et le temps avait passé, lourd et chargé d’effluves néfastes tandis que Liam s’enfonçait toujours un peu plus dans la souffrance et le remord. Chaque jour allait pourtant son cours lent et monotone ; l’été se fit automne, l’automne hiver ; L’hiver aux bras de neiges se changea en un printemps de verdure et de paix et puis, l’été reprit ses droits. L’éternel cycle de la nature faisait valoir ses droits. Et rien n’y fit : Liam demeura fidèle à lui-même. Son humeur ne cessa d’accroître son irascibilité et il se révéla être plus absent que jamais. Il ne parlait plus, ne dormait plus, ne vivait plus. Plus rien n’avait d’intérêt pour lui que le rêve, le songe, l’utopie fantasmagorique d’un monde où la souffrance n’existait pas. Il était comme enfermé dans une torpeur profonde et inaccessible. Et quoique Rose fasse, Liam ne riait plus, ne s’amusait plus, mais avait éternellement ce visage triste, langoureux et désespéré qu’elle haïssait plus que tout. Le monde perdait sa saveur mirifique, devenait fade, âcre, un de ses goûts ignobles que l’on ne sait décrire et qui vous rend à la fois lasse et malheureux. La fin était proche, le ciel se faisait noir, roulant de sombres nuées et d’immenses cataractes de fureur et de passions.
Liam se faisait plus insolent que jamais et les altercations entre son père et lui ne cessaient d’augmenter. La peur avait remplacé la joie ; Chacun se déplaçait avec lenteur, semblant se traîner précautionneusement ; on rasait les murs, on se faisait petit et discret ; les paroles se faisaient rares, le verbe se tarissait, les humeurs exprimaient la rage, la colère, la fuite, dû à la terreur d’un nouveau jour marqué par les éclats de voix et les tremblements des murs.
Ce fut un jour d’hiver que la fureur de Liam trouva sa fin. C’était un de ces jours froids et neigeux où l’univers feutré se pare d’une blancheur éclatante de pureté. Les arbres étaient recouverts d’une fine pellicule blanche et élançaient leurs bras vers les cieux grisâtre ; la terre était voilée d’un linceul immense qui s’étalait à perte de vue, une douce bise soufflait continuellement sans s’arrêter. Et Rose était pelotonnée sur un coussin de soie, dans l’embrasure de sa fenêtre, juste au dessus du poêle dont elle se servait pour chauffer sa chambre. Tranquille, ses longs cheveux noirs coiffés en catogan, elle lisait. Son mignon visage de fée taquin semblait profondément absorbé par sa lecture et, à bien y regarder, il se faisait plus grave que d’ordinaire. Quiconque l’aurait contemplé en cet instant aurait trouvé en elle une aura de crainte de tristesse qu’attestaient les cernes autour de ses beaux yeux de jeune fille, et son teint si pâle que des filaments bleutés s’en écoulaient insouciamment. Rose fuyait la vie dans son livre, dans chaque page qu’elle lisait avec avidité pour oublier, pour rêver, pour croire que la réalité n’était qu’une illusion factice et qu’elle ne souffrait pas. Et à chaque page de lu, il fallait en lire une autre pour garder savamment l’illusion vécue. Rose se perdait plus profondément. Rose voulait se perdre, s’oublier, s’abandonner à d’autres mondes. Rose voulait être heureuse. Et Rose ne l’était pas.
Quittant un instant son livre, elle porta son regard au dehors et en fut glacée. Ce qu’elle voyait n’avait rien de réjouissant IL revenait, couvert de neige, titubant et le visage crispé dans un rictus de chagrin et de haine. Rose ne l’avait jamais vu ainsi. Gémissant, elle enfoui sa tête dans sa longue robe et murmura rapidement quelques prières en serrant ses jolis bras découvert autour de ses genoux. Elle n’avait que dix-sept ans, à peine un peu de vie, à peine un peu de bonheur, à peine un peu d’existence. A peine un peu d’avenir. Et si peu de foi en celui-ci. La jeune fille serra ses genoux contre elle de toutes ses forces en tremblant. Elle n’avait que dix-sept ans…

Après quelques longues minutes, Rose releva la tête. La maison semblait calme et la neige avait cessé de tomber au dehors. La jeune fille soupira, fit une petite moue rêveuse et esquissa un geste en direction de la fenêtre. Les cris commencèrent à cet instant. Des cris d’une intensité prodigieuse, des cris de douleur absolue, de souffrance ineffable. Rose se figea. Les cris s’accentuèrent et se murent en paroles. Les deux voix redoutées jaillissaient d’en bas, s’agressaient, s’entrechoquaient, vagissaient en s’entremêlant, en résonnant en écho dans toute la demeure. Ardentes, elles tempêtaient, se faisaient peur et fureur, s’intimidaient, grondaient, se mordaient, et enfin mourraient toutes deux. Le père et le fils se mesuraient l’un à l’autre en une lutte mortelle. Tout deux s’excitaient mutuellement, se faisaient hargneux et opiniâtre, se cherchaient du regard, s’intimidaient, et se frappaient par le verbe. Leur prodigieuse intelligence était au service de leur destruction mutuelle. C’était le paroxysme de leur déchéance, l’innommable apparition de la haine dans leur propos. Rose se mit à pleurer. Et enfin, après plus d’une heure d’opprobre, de déchirements, de blessures vives et sanglantes, tout se tu. Le calme avait succédé à la tempête.

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N’avez-vous jamais songé que le mal et le bien ne sont jamais qu’une seule et même chose envisagée sous un angle différent ? N’avez-vous jamais songé que le meurtre, le massacre, la haine, n’était que le fruit d’une peine immense ? Pouvez-vous songer, vous, hommes, qu’une âme puisse faire du mal sans raison, juste parce que son instinct la pousse à cela ? Osez vous même le penser ? Et qui donc êtes-vous pour condamner les actes d’autrui, lorsque vous vous enfermez dans une prison de conformisme et de bonhomie ? Etes-vous plus savant qu’un autre ? Avez-vous quelque chose qui le distingue de celui qui a tué, de celui qui a souffert comme jamais vous n’avez même pu l’envisager ? Oui, il y’en a bien une. Cet homme-là qui s’est fait assassin, cet homme là qui a tué, cet homme qui a volé, qui a trompé, menti ; celui-là qui a aimé, qui a pleuré, qui a souffert a eu une blessure au cœur qui n’a jamais voulu guérir. Et ne sont-ce pas les hommes qui ont pour tort de condamner un traître, un lâche, un cœur souillé de sang ? Ne devraient-ils pas plutôt avoir de la compassion pour lui ? Ne devraient-ils pas plutôt lui offrir son soutien, son pardon et son âme ? Qui sait si nous-même n’aurions pas eu la mort dans le cœur comme unique souvenir si nous avions pris la place de ces malheureux ?
Liam n’avait pas besoin de haine, de colère, de fureur. Liam avait besoin d’amour, Liam avait besoin d’être aimé, réconforté, rassuré ; Liam avait besoin de compassion et de bonté ; Liam avait besoin d’être aidé. Et on l’avait enfoncé dans l’iniquité, dans l’incertitude, dans l’océan déchaîné du doute, et l’enfer des tourments. L’avait-il seulement voulu ? L’avait-il provoqué ? En était-il responsable ? Liam n’avait rien fait que de souffrir et avait voulu s’en préserver ; était-ce un mal que de vouloir être heureux ? L’existence engendre la souffrance et le mal dés qu’elle est, et engendre avec elle la joie, la gaieté et toutes ces choses qui rendent la vie si belle. Ainsi allait le monde. Le mal est là où se trouve le bien, et à l’inverse, on ne trouve le bien que là où le mal existe. Ce ne sont là que deux concepts qui se veulent si opposés qu’ils ne peuvent en réalité être séparés l’un de l’autre. Car ils sont inhérents l’un par rapport à l’autre ; ils forment la vie. Indissociable, ils sont les acteurs de la mort comme de l’existence. Chacun est libre de les appréhender comme il le désire. En tant qu’être, ou en tant que non-être. Et chacun est libre ou non d’agir pour dépasser le manichéisme naturel à l’homme. Il n’y a pas de salut dans une vision qui ne sait pas se dépasser elle-même, se gravir, se construire. Toutefois là n’est pas la question.
Il arrive parfois qu’un homme a du mal à supporter son existence, que le poids de sa destinée devienne trop lourd pour ses frêles épaules. Il arrive aussi que l’homme, aussi fort qu’il croie être, se brise comme une brindille sous le poids de la souffrance.
Liam s’était brisé.
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Liam Anaikh'
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MessageSujet: Re: Liam Anaîkh'   Liam Anaîkh' Icon_minitimeLun 31 Aoû - 14:01

Longtemps Rose avait souillé le sol froid de sa chambre de sanglots entrecoupés et emplis l’air de hoquets douloureux et de tristesse. Elle n’avait su retenir sa peur, son amertume, sa douleur. Chaque battement de son cœur semblait un coup de poignard glacial dans sa poitrine oppressé par un glas inconnu ; ses tempes battaient sourdement en vagues douloureuses et sanglantes qui obscurcissaient son regard de tâches pourpres et noires. Un voile opalin obstruait sa vision des choses, l’univers tournoyait autour d’elle, se tordait au gré de ses larmes, se pliaient aux règles affreuses du délire et de l’absurde. Rose pleurait encore et encore, plus fort à chaque cri, qui résonnait encore dans le silence. Rose tordait ses mains délicates de nervosité ; Rose gémissait à la mort.
Et soudain, une marche craqua. Le bruit était infime, une espèce de doux et singuliers craquement presque inaudibles qui résonnaient si faiblement qu’il était presque impossible de l’entendre. Mais Rose connaissait ce bruit, ce son affreux. Quelqu’un montait les escaliers. Et ce quelqu’un était Liam. La jeune fille aurait reconnu son pas entre mille tant elle l’avait écouté. Et ce pas, désormais, lui faisait peur.
Paniquée, Rose cessa brutalement de pleurer et, tentant de contrôler le flot de larmes qui affluaient en nombre à ses yeux, elle hoquetait de plus belle. Tremblante, elle regarda autour d’elle, se leva, tituba, s’assit sur son lit et, grimaçante, tourna un regard apeuré vers la porte entrebâillée qui donnait sur le sombre palier.
Liam montait encore.
Que devait-elle faire ? La jeune fille avait peur. Peur de son frère, peur pour lui, pour elle, pour tout deux. Oh grand dieux ! Qu’allait-il donc se passer ? Quelle folie allait encore animer cette maison, la déformer, la trahir et faire voler en éclat un calme si précaire ? Quels augures étaient donc fixés ? Que disaient les auspices et les prédictions ? Par tout les sacrilèges, quelle souffrance allait-ils devoir tous encore endurer ? Et quelle démence encore allait les posséder ; en réchapperait-il ? Pourrait-il vivre un jour en paix, en sérénité, en toute liberté ? Etait-ils vouaient à … la mort ?
Liam montait encore.
Rose se leva, dénoua sa chevelure et caressa celle-ci nerveusement, l’entortillant autour de son doigt. Puis elle gémit, sautilla sur place en râlant, se dirigea vers la porte, revint, resta figée au milieu de la pièce, telle une statue antique, affecta un air digne, et fondit de nouveau en larmes ; Que ces escaliers étaient longs ! Que tout ceci était insupportable ! Que tout s’arrête ici ! Que la honte la prenne, l’opprobre, l’injustice, la haine, l’aveuglement ! Mais enfin que la délivrance soit !
Liam montait encore.
Frémissante, Rose percevait le moindre bruit de l’escalier ; elle les entendait se répandre en écho, se répercuter les uns contre les autres, s’étreindre, s’infiltrer en elle, l’agresser, la tuer ; elle entendait toute cette musique macabre et grinçante et elle grimaçait. Son effroi ne cessait de croître, et elle ne savait que faire en tordant davantage ses petites mains de filles.
Liam montait encore.
La jeune fille se mit à penser. Elle pensa à la joie de vivre, au bonheur d’être avec son frère, de rire avec lui, de jouir de son être, de son devenir, et de son étant ; Elle songea à la douceur qu’elle avait connu, à tout ce qu’elle avait connu et qui l’avait tant fait rêvé. Oh, elle avait tant eu, tant reçu, tant demandé. Rose cessa de pleura et se mit à sourire.
Liam montait encore.
Hésitante, la jeune fille se sentit d’une légèreté soudaine alors qu’un voile cotonneux recouvrait peu à peu son esprit, son âme, son cœur. Rose cessa de trembler, esquissa un petit pas furtif, sans bruit, un deuxième, puis un troisième, prenant de l’assurance, et combla tout à fait l’espace qui la séparait de l’embrasure de la porte. Résolue, elle s’y tint avec gaucherie, ses joues pâles recouvertes d’un tapies de larmes, les yeux brillants, bouillonnante de fièvre. Rose sourit encore.
Liam ne montait plus.
Le jeune homme se tenait debout sur le palier, vacillant. Il tremblait d’on ne sait trop quelle folie. De la sueur maculait ses tempes, son front, blême, était balayé par des mêches rebelles collantes.

-Liam, commença doucement Rose d’une voix brisée, Liam, comment vas-tu ?

Le jeune homme tourna lentement la tête vers sa sœur, la foudroyant du regard. Tout en lui évoquait une colère à peine contenue :

-Comment je vais, Rose ? Cracha-t-il avec rage. Comment je vais ? Je vais mieux que jamais ! Je tremble, je me sens vide, j’ai peur ; et j’ai mal, Rose, j’ai affreusement mal, je n’en peux plus. Et ce depuis bien trop longtemps. Ne l’as-tu même pas remarqué ? Ne l’as-tu même pas vu ?

La jeune fille soutint le regard de son frère, qui détourna les yeux, au bout de quelques instants.

-Je le sais, fit-elle enfin en faisant un pas discret dans sa direction, je le sais que tu as mal, que tu souffres, que c’est insupportable. Je veux t’aider, Liam

Le jeune homme recula, surpris, et jeta un regard étrange à sa sœur. Il soupira, ferma les yeux, sembla réfléchir, et enfin murmura d’une voix presque inaudible :

-Il est trop tard. Personne ne peut m’aider…

-Il n’est jamais trop tard, Liam.

-Il est de ces fois où les choses se brisent et où tout est fini. Il est trop tard, te dis-je.

-Je m’y refuse, affirma à nouveau Rose en esquissant à nouveau pas. Il y a toujours de l’espoir, toujours, où que l’on soit, quoique l’on fasse. Il y a toujours une lumière qui brille, une étoile qui scintille, une lueur tamisé qui vous parvient et vous aide à gravir les cheins de la vie. Liam, je suis ta sœur, écoute-moi.

-Mon étoile est morte, mon ciel s’est éteint, je ne crois plus en l’espoir Je …

-Mais tu vis, Liam ! S’écria rose

Le jeune homme eut un visage inerte, une face inexpressive, comme frapée de stupeur et enfin, il hurla en tempêtant :

-Oui, oui, oui je suis vivant ! Oui je vis ! Et en vivant je meurs ! En faisant je me tue ! En agissant je me vainc ! Tu ne sais rien, Rose, rien ! Donne moi de l’espoir, si tu en as, je n’en ai plus ! Donne moi en ! Allez vas-y ! Dépêche-toi ! Qu’est-ce que tu fais ?

Comme fou, Liam allaient dans tout les sens dans la pièce, frappait du poing sur les murs, et, hurlant, il pleurait à chaudes larmes. Il pleurait en épanchant sa douleur, en trouvant dans sa violence un éxécutoir désespéré. Rose ferma à son tour les yeux. Que de violence ! Que de tristesse ! Que de rage dans l’âme de son frère ! Mais surtout que de souffrance ! Un sanglot ajouta son corps, et Rose se jeta sur son frère, pleurant amèrement et disant à travers ses larmes :

-Arrête Liam, je t’en supplie… Arrête cela, s’il te plaît… Tout est de ma faute ; je suis désolé, Liam, Liam, oh Liam ! Je suis tellement désolé ! Donne moi un peu de ta souffrance, laisse moi m’en imprégner ; je ne désire que cela. Je comprends, mon frère, mon si cher frère… Je ne veux plus que tu souffres. Partage ce fardeau avec moi ; raconte moi tout, tes douleurs, tes peines, tes souffrances. Epanche toi en moi, sois heureux, je le veux. S’il te plaît, Liam, S’il te plaît…

Toute fureur s’évanouit. Liam, profondément enlacé par sa sœur s’effondra à genoux sur le sol froid et dur. A travers ses chauds vêtements, Rose sentit qu’il tremblait. Pleurai-il ? Rien n’était plus sur. La jeune fille se mit à le bercer avec douceur.

-chut, lui disait-elle, laisse toi aller, mon Liam, mon tout petit Liam…

-Rose, lui répondit-il en un murmure, qu’ai-je fait, Rose ? Dis-moi, qu’ai-je fait ? Ne me cache rien…

-Rien, tu n’as rien fait ; rien du tout. Tout est oublié, je ne sais rien ; rien ne s’est passé, rien ne s’est produit. Tu es un ange, petit Liam, oubli, toi aussi.

Le jeune homme gémit :

-Je ne peux pas, Rose, je ne peux pas ! C’est si dur, et à la fois si doux et si précieux…

-Oublie, te dis-je, oublie tout. Dors, ne te réveille pas. Demain, tu verras, le jour sera levé et te sourira. Tu sortiras de ta torpeur, et, grand de ton expérience passée, tu pourras gravir les chemins de ta vie. D’accord, Liam ?

-J’aimerai pouvoir te dire oui, ma sœur. J’aimerai pouvoir te proclamer ma joie de vivre, te dire que tu as raison, que je vais oublier, que tout sera fini, que la folie qui m’a habité et qui m’habite encore va s’en aller ; mais je ne le peux pas, Rose. Je ne le pourrai jamais. Parce qu’ELLE existe. Et que je ne pourrai jamais l’oublier pas même que ce que nous avons vêcus ensemble. La rédemption n’existe pas pour moi.

Rose secoua la tête avec vigueur et serra son frère avec plus de force.

-Ne dit pas de bêtises, Liam. Pleure en silence dans le noir, et laisse moi te prendre par la main. Je te guiderai vers la lumière ; crois-en moi. Je te le promets. T’ai-je déjà menti ?

Le jeune homme ne dit rien, baissa la tête et enfin, après quelques instants dans cette position inconfortable, se redressa et brisa doucement l’étreinte de sa sœur. Lui prenant les mains et les portant à sa joue, il lui murmura à regret :

-Tu ne le pourrai pas. Il te faudrait pour cela te perdre dans des abîmes qui n’ont pas de fins, descendre de terre et t’en aller aux enfers.

-Alors je le ferai s’écria Rose, les yeux brillant, l’allure exaltée de ceux qui sont prêt à tout.

-Je le refuse, lui répondit calmement Liam.

-Je le peux, je le veux ! Pourquoi me refuser ? Et si cela me chante ? Pas même toi ne pourras m’en empêcher.

Liam eut un bref sourire.

-Je ne chercherai pas le moins du monde à t’en empêcher, Rosette. Ce serait idiot de ma part et te ferait du mal. Mais cela ne change rien au fait. Tu ne plongeras pas avec moi. Jamais, que ce soit aujourd’hui ou demain.

-Qu’importe tes paroles, si nul ne le veut, rien ne m’arrêtera. Je traverserai le Styx et vaincrai l’Achéron avec toi, Liam.

-Je ne serai plus en ce lieu.

-Et pourquoi donc ? Tu n’iras nulle part sans moi.

-Je pars, Rose, et tu ne me suivras pas.

Le monde s’arrêta de tourner un instant, vacilla, se tordit dans tout les sens et la jeune fille, de stupeur, ouvrit la bouche, voulut parler, la refermer brusquement et considéra son frère avec hébétude.

-Comment cela ? Articula-t-elle avec difficulté. Qu’est-ce que tu racontes ?

-Ne m’en veux pas, Rose, mais je ne peux demeurer plus longtemps près de toi, près de vous.

-Mais Liam…

-Il n’y a pas de mais qui tiennent, soeurette. Je ne veux pas te faire le moindre mal. Cela fait trop longtemps que je t’en fais, que tu souffres à cause de moi. Tout se finit ce soir. Ne t’inquiète plus. Je ne t’oublierai pas.

-Et … Et où iras-tu ? Que feras-tu ? Je ne comprends pas… Liam, s’il te plaît… Je …

Rose vacilla, cligna des yeux, se sentit partir en arrière et du s’appuyer sur un mur pour ne pas s’effondrer. Son esprit ne se reconnaissait plus, se perdait, fuyait sans comprendre. L’univers n’avait plus de compréhension, plus de place, plus de haut, plus de bas ; il n’y avait plus rien qu’un tourbillon incertains d’idées qui s’entrechoquaient avec violence.

-Je … je ne veux pas que tu partes, Liam… tu me tuerai.

Le jeune homme s’agenouilla au pied de sa sœur et secoua la tête gravement :

-Tu as tort, et je le sais. Je vous ai fait trop de mal à tous. Mon devoir est de vous laisser en paix. Tu m’as ouvert les yeux, Rose. Merci, à jamais je t’en serai reconnaissant.

-Non, gémit-elle, non, je ne veux pas, tu ne peux pas…

-Je le peux, car je le dois, répéta fermement Liam en se levant.

Contemplant le visage de sa sœur avec une expression passionnée et amère, il caressa son visage du bout des doigts. Qu’elle était belle, malgré ses cernes, ses larmes et ses tremblements ! Il n’avait pas le droit d’exercer sur elle un joug néfaste ; il n’avait pas le droit de la détruire, de l’occire avant son heure ; la mort ne saurait-elle pas trouver bien assez tôt le chemin de son âme ? Puis versant une larme à son tour, il étreignit sa sœur avec force, tentant de lui communiquer son affection, sa résolution, et tous les souvenirs délicieux qui revenaient lentement à l’esprit. Il l‘étreignit avec douceur, avec tendresse, avec toute les forces qui lui restait à donner. Il se donna à elle et enfin, il partit, sans se retourner. Ses pas résonnèrent longtemps aux oreilles de Rose qui entendit derrière son frère un doux chuchotis qui lui chantait ‘Adieu, ma Rosette…’

Eplorée, rose s’effondra à genoux. Hébétée, elle n’esquissa pas le moindre geste. Elle était là, figée, les yeux perdus dans le vague, triste et mélancolique, l’âme douloureuse, le cœur meurtri. Et dans le silence oppressant, pâle, elle murmura dans un souffle :

-Offre moi une fleur, Liam, une fleur de bonheur…
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Liam Anaikh'
Poète aristocrate
Liam Anaikh'

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MessageSujet: Re: Liam Anaîkh'   Liam Anaîkh' Icon_minitimeLun 31 Aoû - 14:26

Scolarité : Liam a grandit dans un environnement aristocratique. D'abord formé par des tuteurs jusque l'âge de douze ans, le poète a ensuite fréquenté les écoles les plus réputés de la ville et a ainsi étudié les lettres, la philosophie, l'histoire et les langues en tout genre.

Ambition : Grandes sont les volontés des idéalistes. Et liam est l'un d'entre eux. Il n'a pour but que de changer la face du monde, de l'idéaliser, de le conduire vers une utopie de grandeur, de gloire et de beauté poètique. Liam veut un monde plus juste, plus équitable, quelqu'en soit le prix. Et peut-être aussi veut-il apercevoir, un jour ou l'autre, le visage de sa soeur.

Voilà, je considère cette fiche comme TERMINEE! elle est donc potentiellement validable ^_^ Enfin si elle est correcte bien sûr! Du reste, les fautes etc seront enlevées dés que j'aurai verni cette saleté de banc...>.<

A bientôt! Enfin pas si longtemps que ça... enfin bref >.< je me perds>>>

J'annonce donc...

THE ENNNNNDDDDDDDDD! >> *sors*
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