Chroniques d'Aïsthèsis
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Chroniques d'Aïsthèsis

« L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable. » Milan Kundera
 
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 Relyss Nerden

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Relyss Nerden
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Relyss Nerden

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MessageSujet: Relyss Nerden   Relyss Nerden Icon_minitimeSam 16 Aoû - 0:50

Etat civil

Nom : Nerden

Prénom : Relyss

Âge : 18 ans

Situation familiale : Célibataire ; c’est la cousine de Gaya et Mairéad Nerden. Orpheline, elle a perdu ses parents, son frère et sa sœur dans un massacre sans nom qui l’a miraculeusement épargnée. Depuis l’âge de 10 ans, elle vit donc chez son oncle Eoghan, à Aïsthèsis, aux côtés de ses deux autres cousines : Caitlin et la toute jeune Moïra. Elle n’a plus eu de nouvelles de la famille Nerden depuis son adoption et connaît à peine l’existence de ses cousins et cousines de cette branche.

Statut professionnel : Prêtresse d’Istya


Description

Caractère : Relyss fait preuve d’un caractère assez spécial. Froide sans être hautaine ni orgueilleuse, c’est une jeune fille têtue et déterminée, mais qui sait faire montre d’un sang-froid exemplaire. Elle possède un cœur pur, sans méchanceté aucune, mais possède une part d’elle-même dans les ténèbres… Elle semble éprouver une certaine fascination pour les mondes obscurs, sans doute faute de comprendre leur mécanisme. N’étant pas de ces mondes-là mais tout en y ayant tout de même un pied, elle cherche probablement à percer l’inconnu.

Pour comprendre pleinement sa façon d’être et de penser, il faut revenir à la Relyss âgée de dix ans, cette enfant dont le regard avait été horrifié en voyant le massacre de sa propre famille et qui aujourd’hui ne reflète plus que mélancolie, rancune et désir de vengeance. Elle a été horrifiée par le calme et le sadisme froid de Linéar et n’arrive toujours pas à comprendre comment une telle aberration peut exister. Plus que le considérer comme le meurtrier de sa famille, elle le voit comme un animal, une bête que l’on peut étudier et analyser.

« Celui qui étudie les Monstres doit veiller à ne pas en devenir un, car lorsque tu regardes au fond de l’abîme, l’abîme aussi regarde en toi. » [Nietzsche]


Incapable de faire le deuil des siens, la jeune fille s’est enfermée de plus en plus sur elle-même. Elle communique plus par le biais de la musique que par échange relationnel. Le chant est un exutoire à sa douleur et à sa haine. Si son visage s’adoucit au contact de la musique, elle n’en reste pas moins une adolescente au cœur fermé. Pourtant, elle est loin d’être mauvaise. C’est un cœur bon et pur qu’elle cadenasse avec force, pour éviter de souffrir davantage. Les années passées à l’internat ne lui auront pas permis de s’ouvrir un peu plus, au contraire. Sans cesse confrontée à la jalousie ou au mépris, sa seule réponse reste l’indifférence.

Physique : Relyss fait partie de ses beautés sombres. Elle semble dans son apparence même être nimbée à la fois de Ténèbres et de Lumière. Ses longs cheveux ébènes retombent sur ses épaules en quelques boucles légères. Son regard est d’un vert émeraude saisissant. Dans ce visage pâle, ils sont pareils à deux joyaux, deux flammes verts qui illuminent ses traits. Son teint de pêche est d’une douce pâleur ; pas une pâleur cadavérique qu’on associerait aux beautés gothiques. Mais une pâleur opaline, comme un léger reflet de lune. Elle a souvent l’air froid mais sans non plus donner l’impression d’être arrogante ou prétentieuse. Les années funestes qu’elle a passé depuis la mort de ses parents jusqu’à son arrivée à Aïsthèsis ont façonné sur son visage cette expression qui refuse la pitié des autres et son propre chagrin. Et chacun de ses gestes, chaque parcelle de son être semblent être un reniement total de ce genre de sentiments. Sans pour autant aller jusqu’à la fierté, cette attitude renvoie une image d’elle qui la pose comme une jeune femme déterminée et hostile au romantisme – entendez par là, le romantisme littéraire qui prône en règle générale l’épanchement lyrique des passions. Cependant, cela ne fait pas d’elle une personne réellement froide à l’intérieur. Son apparence n’est que le fruit de nombreuses années à se protéger contre toute attaque extérieure.

Côté vestimentaire, lorsquelle n'est pas tenue de porter les habits des prêtresses d'Istya, elle se drape le plus souvent de vêtements sombres, en particulier de longues robes finement ornées de dentelle, de tulle ou encore de broderies. Elle semble être plongée dans un deuil permanent, ce qui est en partie le cas. Néanmoins, il se dégage d'elle beaucoup de délicatesse et de douceur. Bien que froide, elle n'est pas non plus rigide. Elle conserve un zeste de fougue arrogante dans ses gestes et dans ses yeux. Elle possède une démarche aérienne. On pourrait presque croire à l'image d'un ange déchu. Dans son cas, un ange de dix ans tombé du jardin de l'innocence, un peu trop tôt...

Pouvoirs :

  • Elle a la capacité de se transformer en statue de sel qui peut se régénérer en cas de casse.

  • Sa voix a la vertu d'agir sur son environnement : elle peut modeler et remodeler la matière à l'envie en un simple fredonnement.

  • Télépathie


Particularité : Aucune.


Dernière édition par Relyss Nerden le Dim 1 Fév - 16:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Relyss Nerden   Relyss Nerden Icon_minitimeSam 16 Aoû - 18:01

Histoire

Biographie :

On ne choisit pas sa famille… S’il y a bien un adage auquel Relyss donnera raison, c’est bien celui-ci… Elle est la fille cadette du mariage arrangée – traditionnel ! – entre le fils héritier d’une famille influente de Nésidion – le Baron Altan Nerden - et de la benjamine d’une famille en pleine décadence, Prudence Al’fen. Avant même d’être née, il était déjà à pressentir que les enfants nés de cette union ne seraient pas parmi les plus choyés… Encore que, Cailean, l’aîné, était la fierté de son père qui le destinait à en faire un digne héritier des Nerden. Mais pour Relyss – et plus tard, sa petite sœur Lawellyn – pas de fierté dans les yeux de leur père, tout juste un peu de compassion rassurante dans ceux de leur mère.

Relyss passe les sept premières années de sa vie dans la solitude mais la fillette s’en accommode bien. Elle se refugie dans la musique pour combler le cruel manque affectif dont elle souffre. Sa mère tente tant bien que mal de lui communiquer un peu de sa chaleur et elle s’en rend bien compte. Mais Prudence se doit de faire respecter les valeurs de sa famille et son mari veille tout de même à ce que l’éducation de sa fille soit impeccable, histoire de la refourguer au plus vite une fois en âge de se marier. Il considère qu’elle n’a pas besoin de savoir ce qu’est l’amour puisqu’elle n’en trouvera pas dans le mariage arrangé qu’il lui préparera. Mais Relyss apprend à aimer quand sa mère donne naissance à une petite sœur. L’enfant s’éprend très vite de ce nouveau petit être et elle s’en occupe bien volontiers. A peine Lawellyn savait-elle marcher qu’on la confia à sa sœur pour qu’elle en prenne soin. Mais Relyss ne s’en plaint pas ; elle aime déjà sa petite sœur plus que tout au monde, plus que la musique même…

C’est généralement dans ce genre de tableau idyllique qu’apparaît la tache sombre. Trois ans après la naissance de Lawellyn, la famille Nerden s’apprête à fêter un nouvel événement : les fiançailles de Cailean. En effet, ce dernier est promis à Alexandra Normon, l’aînée de la famille Normon, famille des Terres Boréales dont on ne fait plus la réputation… Mais quelques temps plus tard, Alexandra rompe les fiançailles. En effet, les Normon sont descendants des Eile, ce peuple massacré presque en entier du temps des anciennes guerres. Alexandra ne pouvait se permettre d'épouser un homme qui n'appartenait pas à cette digne lignée. Malgré le subterfuge de Cailean pour lui faire croire qu'il en est un, elle découvre le pot aux roses et rompe immédiatement. Le Baron Nerden le prend comme un affront personnel et pour faire bonne figure et laver sa réputation, il n’hésite pas à se gausser en public de la jeune fille. Il était loin de se douter que Linéar, le frère d’Alexandra, déciderait de le remercier à sa manière…

----------


Relyss traversa le couloir en courant et se retrouva dans l’immense salle à manger qui bourdonnait des voix de dizaines de personnes. La fillette avait les poches lourdes d’avoir volé quelques fruits en cuisine pour les déguster en cachette. Le repas qu’on avait servi était bien trop copieux et bien trop sophistiqué pour une fille de son âge. Elle s’arrêta sur le pas de la porte de la salle et jeta un coup d’œil alentours. Elle voulait partager son butin avec sa petite sœur mais d’abord, elle devait la retrouver.

Les membres de la famille Nerden et ceux de la branche rapportée des Al’fen s’étaient rassemblés ce jour-là pour un grand dîner qui promettait d’être animé en rumeurs, discussions et débats en tout genre. Rien de bien passionnant pour une fillette de 10 ans. Son regard s’arrêta sur son père qui parlait d’une voix forte et tonitruante. Il clamait à qui voulait entendre que « si cette mijaurée ne pouvait se faire à un garçon aussi bien éduqué que son fils, elle n’avait qu’à rejoindre les nonnes ! ». Relyss se désintéressa de ce discours et chercha le visage de sa mère. Droite comme un I, les lèvres pincées, Prudence souffrait les remarques désobligeantes de sa belle famille, sans un mot.


« Ne te vexe pas, Prudence, mais je pense sincèrement que tu as eu de la chance d’avoir épousée un homme aussi compréhensif que notre frère… Si j’étais à sa place, il y a bien longtemps que je t’aurai montré ma façon de penser ! » disait Elspeth, la plus âgée.

« Tu es bien compatissante, mo piuthar… Moi, je ne l’aurai même pas laissée ouvrir la bouche pour se plaindre… Pas un mot ! » renchérit Liam, le frère cadet.

De nouveau, Relyss se détourna de la conversation. Lawellyn n’était pas près de leur mère. Mais où pouvait-elle bien être ? Elle s’éloigna de la salle à manger et partit faire le tour de la maison. Mais sa sœur n’était nulle part. Un détail la frappa soudain ; elle ne se souvenait pas avoir vu son frère non plus dans la salle. Se pouvait-il qu’ils se soient tous les deux volatilisés ? Finalement, elle abandonna ses recherches. Son frère et sa sœur préparaient peut-être une surprise ou quelque chose du genre… Ses poches toujours pleines des fruits de son butin, elle rejoignit à nouveau la salle à manger et s’y glissa. Constatant que personne ne la voyait, elle se faufila sous une table pour ne pas être vue.

Mais à peine avait-elle croqué dans une pomme qu’un brouhaha assourdissant se fit entendre dans la salle. Des chaises grincèrent, il y eut des exclamations d’horreur et de stupéfaction. Occupée à son déjeuner secret, elle n’avait pas entendu qu’un invité surprise était entré…

Lorsque Linéar Normon, car c’était lui, avait pénétré les lieux, les discussions, les bruits d’assiettes, la musique cessèrent peu à peu…Il se forma autour de lui comme un bloc de silence. Vêtu d’une cape noire, les yeux aux combes tendres, mais à la lueur narquoise, il avança, sans mot dire. Il avait tout juste treize ans, et il portait comme une sorte de fatalité assigné à ce chiffre. Altan le reconnut assez rapidement : il avait ces cheveux et cette expression caractéristique des Normon.


« Je suis là déjà depuis un bon moment… » commença le jeune garçon d’une voix coulante, comme un ruisseau, mais déjà elle se parait des pics de l’hiver le plus froid.

« Mais vous ne semblez pas d’un esprit très alerte… N’avez-vous pas vu… »

A ces mots, il balaya la salle du regard, laissant vagabonder ses pensées pour frapper les esprits les plus rebelles à son entrée. Mais nul n’osait bouger : peur de provoquer une esclandre ? Linéar n’aurait su le dire, il avait senti qu’il était comme une fausse note au milieu d’une mélodie rythmée, et y plonger sa réflexion l’aurait énervé. Aussi il poursuivit sans se soucier du pourquoi du comment. De toute façon l’horreur viendrait bien assez tôt.

« … qu’il manquait deux personnes ? »

Il fit quelques pas, plus marqués que les précédents :

« Mr Nerden… Votre fils ? »

Un petit brouhaha s’éleva, en constatation de cette absence véritable, mais le chef de famille commença à se lasser de cette ambiance morbide qui était soudainement tombé :

« Si tu essayes de nous faire passer un message, jeune homme, dépêche-toi ! Tu… Tu as fait quelque chose ? »

La voix d’Altan Nerden ne manquait pas d’autorité, mais on y lisait déjà de l’incertitude. Le flegme et la méchanceté manifeste dans le regard de Linéar avaient de quoi laisser perplexe.
Le jeune homme lâcha un petit ricanement : il leva un doigt long, pâle, et désigna l’un des plats chargés de morceaux de viande dégoulinant de sauce.


« Vous connaissez l’histoire des Atrides ? Atrée ayant fait manger à Thyeste ses propres enfants ? Oooh, bien sur, je ne suis pas votre frère, mais cela ne manque pas de drôlerie, non ?! Comment avez-vous trouvé ce cher Cailean ? Ma sœur le jugeait si peu délicieux que j’ai eu envie de la contredire… »

Mais on ne l’écoutait déjà plus, certaines assiettes avaient été violemment repoussées, des gens s’essuyaient la bouche, pris d’une panique qui était encore parsemée de doute : Linéar lançait ces paroles avec une telle désinvolture qu’il paraissait livrer la vérité pure sur une coquille d’écume.

Il vivait d’écoeurement au sens stricte du terme, et le spectacle de ces gens cherchant à vider leur bouche comme on le ferait avec une poubelle ne manquait pas de lui arracha quelques ricanements sourds, mais l’expression de son visage se glaça soudain :


« Je plaisante… » dit-il.

Et il se tourna, faisant presque virevolter ses vêtements, pour claquer les paumes de ses mains dans un geste théâtral. Et de la porte les battants s’écartèrent pour laisser passer une prison de verre, mais plus solide que l’acier. Elle était traînée par télékinésie, et à l’intérieur une petite fille épouvantée se pelotonnait contre un jeune homme les traits tirés par la surprise.

Quand la prison se fut arrêtée, Linéar poursuivit son exposition des règles du jeu, sa voix s’emplissait d’une majesté cruelle, il était celui qui en cet instant régnait et dictait les lois de la vie et de la mort.


« En effet, vous n’avez pas mangé vos enfants, Mr le Baron, mais j’avais glissé dans votre repas une clé, si fine, si légère que l’avez ingurgitée. La Clé de cette geôle… »

Il claqua des doigts et les barreaux auparavant translucides devinrent incandescents, mais les yeux de Linéar gardèrent leur teinte bleutée, froide et immuable :

« Mme la Baronne laissera-t-elle faire ? Une mère laissa-t-elle ses enfants mourir ? Pour la vie d’un homme infidèle et tyrannique ? »

Il n’avait pas besoin de travailler son éloquence, la tension avait monté, palpable, et la proximité de la mort achevait de brouiller les consciences et de faire ressortir les pulsions les plus basses. Alors Linéar se contenta d’un geste : il avait sorti une petite hachette de son long manteau noir et l’avait lancé vers Prudence : elle se planta juste devant son assiette. Elle savait ce qu’il lui restait à faire. Altan n’avait pas eu le temps des réagir, ses yeux allant de la cage à Linéar, et de Linéar à la cage. Ce n’est que lorsque la main de son épouse se saisit de l’arme, dans l’extrémité de son champ de vision, qu’il tourna enfin la tête vers elle :

« Mo Prudence ? »

Une dernière phrase, un peu tremblante, légère, avant le coup, et le sang, et les cris, et tout le reste. Les convives s’étaient levés, on fuyait de tout côté, Linéar agitant leurs esprits grâce à ses dons psychiques, on peut comme on agite la surface d’un lac pour lui donner des aspects de mers déchaînées. La femme, ramenée à un stade de folie primaire, avait réduit l’homme qui avait partagé sa couche en un tas de chair sanguinolente, et ses mains plongées dans ses viscères recherchaient le St Graal qui sauverait la vie de ses enfants, de son fils, son héritier… Ce pourquoi elle était devenue femme, elle s’était mariée, et vivait jour après jour. Ce salaud n’avait pas le droit de le lui voler ! Pas le droit !

Mais le rire limpide et pourtant cruel de Linéar avait mis fin à sa quête… Il avait sorti de son vêtement, accrochée à son cou par une petite chaîne, une clé dorée. Ses sourcils s’étaient levés en signe de fausse pitié, avec l’air désapprobateur d’un monsieur le curé qui a pris un enfant entrain de manger de la confiture à une heure incongrue.
Soudain, il arracha la clé d’un geste brusque et la balança par une fenêtre largement ouverte… Le regard de Prudence avait suivi des yeux, et sa bouche demeura entrouverte, l’espace d’un instant, respirant les vapeurs de sang et la peur grandissante.

En un réflexe aussi fatal que brutal, Prudence avait contourné sa table et s’était jetée, de tout son corps, sur la cage, attrapant les barreaux brûlants à pleines mains. Instinct maternel ? Effroi de tout perdre ? Envie suicidaire ? Toujours est-il que la cage finit par s’embraser, emportant la femme dans les tourments de la mort.

N’y tenant plus, Relyss finit par sortir de sous la table pour mettre un visage sur cette voix si froide. Quand elle découvrit le carnage, elle lâcha la pomme qu’elle tenait dans la main. Ses yeux se figèrent dans une expression d’horreur et de peur panique. Ses lèvres s’entrouvrirent, comme si elle allait crier ou dire quelque chose. Mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle était tétanisée. Devant elle s’étalait une véritable boucherie : son père baignait dans son sang, sa tête reposait sur la nappe blanche qui n’était à présent plus immaculée. Sa mère, ou plutôt les restes calcinés de sa mère, gisait sur le sol où quelqu’un l’avait tirée. Et non loin d’elle, son frère et sa sœur étaient enfermés dans une petite cage toujours en flamme.

Sa tante Elspeth et son oncle Liam avaient reculé jusqu’au mur et il n’y avait plus personne à moins de 2 mètres des cadavres. Personne excepté…

Relyss sentit des bras l’enserrer pour la tirer hors de la pièce – il s’agissait de son oncle Eoghan qui voulait l’emmener loin de ce massacre.


« Viens… Relyss, viens… » dit-il d’un ton ferme, empêchant sa voix de trembler.

Et alors qu’elle passait le pas de la porte de la salle à manger, son regard épouvanté croisa celui, glacial et sadique, de Linéar…


Dernière édition par Relyss Nerden le Lun 18 Mai - 23:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Relyss Nerden   Relyss Nerden Icon_minitimeSam 16 Aoû - 20:15

Après la mort de ses parents et de ses frère et sœur, Relyss est envoyée chez un oncle vivant à Aïsthèsis. Bien qu’Eoghan soit comme sa sœur, un homme déchiré entre valeurs et amour paternel, il donnera tout de même plus d’affection à la jeune orpheline que sa famille paternelle ne l’aurait pu. La jeune fille perd alors tout lien avec les Nerden dont elle ne conservera que le nom. Eoghan envoie sa nièce dans une école de musique réputée qui enseigne également quelques rudiments de lettres et de sciences, ainsi que de magie. La jeune fille y reste en internat et ne revient chez son oncle que les week-ends et pendant les vacances. Malgré tous les efforts de sa famille adoptive pour la rendre heureuse, Relyss devient une enfant renfermée sur elle-même, qui ne se lie pas beaucoup aux autres. Il y a sur son visage un éternel air de mélancolie douloureuse, de rancune et de haine grandissante. Lorsqu’elle ne veut pas repenser au passé, elle se plonge corps et âme dans la musique. Elle compose, chante, joue et la musique lui permet de briser sa bulle d’amertume. Mais ce n’est que pour s’enfermer à nouveau dans une bulle bien hermétique où elle seule a le pouvoir de mettre les pieds. Dans l’école de musique, on la jalouse. Sa voix éclipse celles des autres filles, son talent attise les convoitises. Seule une personne ne verra en elle qu’une fille au cœur pur et un ange de la musique à respecter : une jeune fille du nom d’Eva. Orpheline également, la jeune Eva se démarque plus par ses talents de musicienne que par sa voix, qu’elle a pourtant très jolie. Très peu loquace, c’est sans doute ce qui rapprochera les deux jeunes filles, de manière assez paradoxale. Elles n’ont pas besoin de mots pour se comprendre.

Une amitié qui se soldera par un nouveau drame…


---------


L’école était en effervescence. En ce jour de 1er Décembre, les professeurs décideraient de qui allait jouer les solos pour la représentation de fin d’année. Toutes les filles étaient surexcitées, toutes persuadées qu’elles seraient l’heureuse élue. On se souhaitait bonne chance dans les couloirs, on se donnait des sourires rassurants et encourageants, mais au fond d’elles, chacune pensait sincèrement qu’elle serait la soliste et que leurs compagnes n’avaient aucune chance d’être nommée.

Après le repas du soir, le directeur de l’école, un homme dans le bel âge, l’œil vif et le visage sévère bien que confiant, se leva de table et se posta de sorte à ce que toutes les jeunes filles attablées puissent le voir et l’entendre. A peine s’était-il avancé qu’un silence de plomb était tombé sur la salle. On trépignait d’impatience, les cœurs battaient la chamade, toutes étaient plus fébriles les unes que les autres.


« Mesdemoiselles… »

A présent, tous les visages étaient tournés dans sa direction, tendus et impatients.

« Comme vous le savez, cette année, nous donnerons une représentation exceptionnelle au sein de l’école où de nombreuses personnalités seront conviés. L’équipe des professeurs et moi-même avons donc délibérés sur le choix de la soliste qui sera, en quelque sorte, l’icône de notre école pour cette grande soirée. Cette personne aura la lourde tache d’exceller pour montrer toute la splendeur de l’établissement. D’autant plus qu’il n’est pas impossible que nous soyons conviés à participer à quelques galas après cela… »

Un frisson de plaisir extatique parcourut l’assemblée de jeunes filles, toujours plus excitées à cette annonce. Seuls deux visages restaient impassibles : deux filles assises côté à côté. L’une aux yeux d’émeraude, l’autre d’azur. L’une la chevelure d’ébène, l’autre celle des blés.

« Mais je ne vous ferai pas plus attendre… La soliste que nous avons donc choisie pour représenter l’école à la fin de l’année… sera… Melle Nerden… »

Un silence pesant suivi cette annonce. Les professeurs, tout sourire, furent les seuls à applaudir et Eva, la jeune fille assise près de Relyss, eut un sourire radieux. Sous la table, ses doigts fins et gelés serrèrent ceux de la nouvelle soliste avec toute la joie dont elle pouvait faire preuve. Des regards médusés et envieux se tournèrent vers elles et jaugèrent la jeune fille avec mépris.

« Bien sûr, cela ne veut pas dire que votre rôle à vous autres sera moindre… » poursuivit le directeur.

Mais personne ne l’écoutait. Personne n’aurait acquiescé à ses paroles de toute manière…


~ °° ~


« C’est vraiment génial, Relyss… » souffla Eva tandis qu’elles revenaient aux dortoirs.

« Si tu savais comme je suis contente pour toi… »

« Ce n’est pas le cas de tout le monde on dirait… » répondit Relyss, la voix sombre, en jetant un coup d’œil vers les filles qui chuchotaient dans leurs dos.

Eva eut un léger sourire.

« Ignore-les… Elles sont vertes de jalousie, c’est tout… »

A cet instant, le groupe de jeunes filles les dépassa et leur barra le chemin.

« Tu es contente, Relyss ? Tu as encore réussi à toutes nous éclipser ? Comment se fait-il qu’une fille à l’air aussi pitoyable que toi ait pu être choisie comme soliste ? On va avoir l’impression de chanter pour représenter une école de dépressives… » persifla l’une des filles, une blonde au visage de souris et à la voix stridente.

Quelques rires suivirent ses paroles. Les deux jeunes filles, elles, restèrent de marbre.

« Ecoute toi donc chanter une fois dans ta vie, Amelia… ou plutôt écoute toi crier… Peut-être que tu comprendras que ce n’est pas une chèvre qu’on égorge dont on a besoin… » répliqua Relyss d’une voix froide.

La concernée ouvrit sa bouche en O, dans une expression de stupeur que ses camarades imitèrent. Eva n’avait pas bronché, mais on sentait qu’elle retenait difficilement un sourire moqueur. Voyant qu’elle s’humilierait plus à attaquer Relyss, Amelia changea de victime.


« Tu as quelque chose à dire, la muette ? »

Le bruit retentissant d’une gifle résonna dans le couloir. Des groupes de filles passant par là ralentirent le pas pour voir ce qu’il se passait. La main encore levée, menaçante, Relyss fixait Amelia avec mépris et colère. La blondinette se tenait la joue, rouge de honte et de rage. Serrant les dents et plissant les yeux, elle fixa Relyss d’un regard meurtrier.

« Tu me le paieras… » cracha t elle avant de s’éloigner d’un pas vif, suivie de ses acolytes.

Alors qu’elle traversait le couloir, on l’entendit crier aux autres élèves : « Dégagez ! Y’a rien à voir, bande d’idiotes écervelées ! »

Le couloir commença à se vider peu à peu, et seules Relyss et Eva restèrent là à fixer le tournant derrière lequel Amelia et sa bande avaient disparues. Quand elles furent seules, Eva tourna alors les yeux vers celle qui avait bravé la prétentieuse pour la défendre. Son regard était rempli de gratitude.

« Merci, Relyss… vraiment, merci… »

Et sans crier gare, elle prit le visage de la jeune fille entre ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Chaste baiser entre amour et amitié. Relyss n’eut pas le temps de saisir que, déjà, Eva avait rougi de honte et s’était enfuie à l’opposé des dortoirs, cachant son visage brûlant de remord. Elle passa près d’une statue derrière laquelle deux yeux rancuniers guettaient…

~ °° ~

« Allez, Eva, saute ! L’ange de la musique viendra te rattraper ! »

La jeune fille, debout au bord de la falaise, était pétrifiée par la peur. Elle n’osait pas bouger, certaine qu’au moindre faux pas, elle irait s’écraser trois mètres plus bas. Des larmes salées roulèrent le long de ses joues. Derrière elle, Amelia et son groupe de garces la menaçaient avec des badines dont elles s’étaient déjà copieusement servies pour lui lacérer les jambes. Ses genoux tremblaient, de peur et de fatigue. Pourquoi avait-elle voulu répondre à l’air bravache d’Amelia quand elle lui avait demandé de prouver sa valeur ? Sans doute avait elle voulu montrer qu’elle était aussi forte et courageuse que Relyss. Mais ce n’était pas le cas. Elle regrettait qu’elle ne soit pas là, à cet instant.

Une morsure au mollet lui arracha un petit cri de douleur. Elle s’était laissée embarquée dans un jeu perfide et vicieux. Elle était terrorisée. Les filles rirent et lui flanquèrent un nouveau coup de badine dans les jambes. De nouvelles larmes affluèrent à ses yeux ; le paysage s’embrouillait devant elle. Elle apercevait à peine la lune pâle qui s’élevait dans le ciel. Le froid les enveloppait et la jeune suppliciée savourait tout de même la fraîcheur de cette bise d’hiver qui soulageait ses mollets à vif.


« Eva ! »

La voix de Relyss brisa le silence. Toutes les filles se retournèrent d’un seul et même mouvement, surprises dans leur petit jeu pervers. Eva les imita. Mais la pierre était glissante. Son pied ripa sur la glace.

Les regards se tournèrent alors de nouveau vers elle. Relyss s’était pétrifiée en voyant son amie qui basculait doucement dans le vide. Les autres filles affichèrent des mines effrayées et stupéfaites. Visiblement, elles n’avaient pas songé à cela…


« Nooooooon ! »

La minute pendant laquelle la jeune fille amorça sa chute vers le bas de la falaise parut interminable à Relyss. Son visage était mué dans la même expression d’horreur froide que le jour où sa famille avait été massacrée. Elle crut voir sur le visage d’Eva le même regard apeuré demandant de l’aide qu’elle avait déjà vu sur le visage de sa petite sœur, avant de mourir. Et cette fois-ci, comme la fois précédente, elle sut qu’elle ne pourrait rien faire pour l’en empêcher.

Poussée par l’énergie du désespoir, elle s’élança vers l’avancée rocheuse où Eva s’était tenue quelques secondes auparavant. Trop tard. Lorsqu’elle baissa les yeux, elle vit le corps inanimée et désarticulée d’Eva. Un silence lourd, un silence de mort s’installa. Les autres filles ne bougeaient pas, mais leur respiration était forte et haletante. Elles semblaient toutes lutter contre l’idée que l’impensable s’était passé. Et pourtant…

A quatre pattes dans la neige, Relyss ne pouvait détacher les yeux du corps sans vie d’Eva. L’ange de la musique était arrivé trop tard… il n’avait pas pu la sauver…


---------

A la fin de l’année scolaire, Relyss fait part à son oncle de son désir de quitter l’école de musique et de rentrer au service d’Istya, dont le temple se trouve au cœur de la ville d’Aïsthèsis. Eoghan accepte avec soulagement, y voyant là un désir de se retirer du monde et de méditer au calme. Il pense d’ailleurs que ce ne sera que temporaire, le temps que la jeune fille fasse le deuil complet de ceux qu’elle a perdu. Mais la question subsiste : y arriverait-elle ?


Scolarité : Elle a suivi une formation de base en magie à son école de musique, mais c’est surtout dans l’art qu’elle excelle. A présent qu’elle est rentrée au service d’Istya, elle continue à suivre la formation destinée aux novices et se voit être introduite aux mystères divins.

Ambition : Bien qu’elle ait choisi un chemin calme et sans chaos au service des dieux, elle n’en garde pas moins sa rancœur et un désir de vengeance grandissant. Il n’est pas un jour où elle ne demande pas à Istya de l’aider en lui indiquant le chemin à suivre : retrouver le meurtrier de sa famille ou laisser le passé au passé ? Toujours est-il qu’elle garde tout de même au fond d’un tiroir de sa chambre une relique liée à Elbereth, déesse de la vengeance…
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Relyss Nerden
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MessageSujet: Re: Relyss Nerden   Relyss Nerden Icon_minitimeJeu 28 Mai - 23:12

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